livre et cinéma

Découvert grâce au blog de Clément Laberge, ce site qui présente une collection de flipbooks, dont l’auteur indique qu’il s’agit d’une forme d’art “à mi chemin entre le livre et le cinéma.”
Effectivement, le feuilletage rapide des pages de ces mini-livres permet de construire une animation, grâce aux images qui figurent sur chacune de ces pages. C’est peut-être anecdotique, mais plutôt rafraîchissant aussi… J’entendais sur France Culture ce matin Bruno Latour parler “non pas de bibliothèque, mais de plate-forme multimodale”. C’est une expression qui fait peur, car elle conjugue la complexité de deux termes : plate-forme, qui fait penser à plate-forme pétrolière, univers ultra technique peuplé d’ingénieurs casqués, et multi-modale, où “multi” nous dit qu’il y en a plusieurs, et “modal” , à lui tout seul, évoque la complexité, alors imaginez, “multimodal” !

Un tour sur Wikipedia m’apprend que Latour emprunte ce terme à l’univers de la logistique :

“Dans le domaine du transport de marchandises, la plate-forme multimodale désigne le lieu où les marchandises changent de mode de transport. Dans le transport de voyageurs l’équivalent est le pôle d’échanges. Une plate-forme multimodale doit assurer dans les meilleures conditions le transport intermodal et le transport combiné des marchandises.”

Pourquoi choisir cette expression alors ? Pour nous enseigner que le contenu des livres (marchandise) peut être multi-support, c’est à dire utiliser différents “modes de transport” pour être acheminé jusqu’aux synapses des lecteurs ? Imagine-t-il comme Peter Brantley des bibliothèques qui, plutôt que de conserver des livres sous leur forme “papier”, conserveront des fichiers, et utiliseront l’impression à la demande pour fournir des exemplaires aux lecteurs ? Dans ce cas, la métaphore file juste, car le texte change de mode de transport dans la bibliothèque même.

Allusion à mon billet précédent : merci à Bruno Latour qui m’a offert un moment de perplexité, et à Wikipedia qui l’a fait déboucher sur un moment d’apprentissage.

This entry was posted in édition électronique, la vie numérique. Bookmark the permalink.

One Response to livre et cinéma

  1. Clément Laberge says:

    Votre texte m’a beaucoup amusé… et fait réfléchir ce matin:

    http://carnets.opossum.ca/remolino/archives/2007/02/web_20.html

Leave a Reply to Clément Laberge Cancel reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *