– Avec qui ? Je le connais ?
– Avec mon a-gré-ga-teur. Tu sais, mon agrégateur de fils RSS. Ce truc qui me permet d’accéder sur une seule page aux derniers billets écrits dans tous les sites ou blogs que j’aime lire.
– Et t’as dîné avec…
En fait, ce n’est pas moi qui ai eu cette idée. Je crois que c’est Hervé, dit Aldus, qui a déclaré soudain hier soir à table : “J’ai l’impression de dîner avec mon agrégateur”, et c’est vrai que toutes les personnes assises autour de la table avaient un URL, que toutes avaient un jour commenté sur le blog de l’un ou de l’autre, tous avaient échangé des liens, des idées, des questions.
De même pour les nombreux participants de la seconde Bouquinosphère, réunis à la librairie du Merle Moqueur, blogueurs pour la plupart, qui se sont prêtés au rituel (au bout de deux fois, on va dire que ça devient rituel…) des présentations : mon nom, le titre de mon blog. Tiens, c’est lui, l’ idiot du village… Et eux, c’est Babelio. Et qui a amené son grand fils ? Tais-toi ! C’est le fondateur de Scribeos, et il est venu tout seul, tout comme il a développé son site tout seul…
Plus un blog est connu, plus la présentation est brève. Hubert dit : ” Hubert, La Feuille“. Normal. La Feuille, quoi. Pareil pour Bibliobsession, Zazieweb, pas besoin d’expliquer. ISBN arrive trop tard pour les présentations, pas grave, on se connaît déjà, dommage qu’on ne s’entende pas avec la musique trop forte dans le café où tout le monde a migré après la fermeture de la librairie.
Comme en juin dernier, certains ont apporté des livrels, (liseuses ? lecteurs eBook ?). Grosse concentration de Cybooks, cette fois-ci, et la soirée tourne à la bookeenosphère…
J’aimerais avoir le temps de citer tous ceux qui étaient là. Au lieu de ça, un petit signe à ceux qui n’ont pas pu venir, et qui nous ont manqué, bien sûr. La prochaine fois ?


J’ai appris à lire en maternelle dans une école
J’ai animé, il y a quelques années, des stages de “scénario multimédia”. C’était avant la généralisation du web, pendant les quelques années de gloire du CD-Rom. L’une des premières choses que j’essayais de faire percevoir aux stagiaires, c’était la différence entre un un écran et une page. Le terme qui m’aidait le mieux à faire comprendre la nature de l’affichage écran était le verbe “convoquer”. Parce que ce verbe évoquait un dynamisme et une plasticité, une immédiateté, une urgence autoritaire… Les “contenus” ou les “médias” sont bel et bien convoqués à l’écran. Ils peuvent donner l’illusion, s’ils se stabilisent un moment, de composer une page. Mais le concepteur web fait un grand progrès quand il cesse de penser la surface de son écran comme une page. Lorsqu’il abandonne tout à fait la métaphore du papier.